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Non, l’océan ne nous fournit pas une respiration sur deux. Enfin, disons que ce n’est pas si simple que ça et je ne l’ai appris que la semaine dernière en participant à la Fresque Océane. Maintenant que j’ai eu le temps de digérer toutes ces nouvelles informations, j’ai envie de vous partager les 3 choses les plus marquantes que j’ai apprises au cours de cet atelier.

Le problème : l’impact de nos actions sur l’océan est presque invisible

À moins de passer de longues heures à lire des rapports scientifiques (et des newsletters qui les vulgarisent), regarder des documentaires et écouter des podcasts, il est presque impossible d’identifier tous les liens de causes à effets entre nos actions et leur impact sur l’océan. Pour la pollution plastique, vous me direz que c’est plutôt facile puisque c’est visible. Quoi que, ce n’est pas le cas des micro-plastiques issus de nos vêtements synthétiques ou de nos cosmétiques qui se déversent dans l’océan. En tout cas, pour la pollution chimique, la pollution biologique ou encore le dérèglement climatique, ça se complique.

D’ailleurs, ça me rappelle une histoire qui m’a marquée. Il y a quelques mois, un fidèle lecteur s’est désabonné de la newsletter Blutopia en me laissant un mot : « Les sujets traités sont trop éloignés de l’océan. » Pourtant, je venais de parler de l’élevage en proposant des alternatives à la viandeVégétaliser son assiette est sans doute une des actions les plus efficaces pour protéger l’océan, mais je n’ai pas réussi à lui faire comprendre à temps. En fait, l’élevage est responsable, entre autres, de :

  • L’augmentation des gaz à effet de serre. Au niveau mondial, l’élevage est responsable de 14,5% des émissions de gaz à effet d’origine anthropique, c’est-à-dire liées aux activités humaines. C’est plus que tous les moyens de transport confondus, qui représentent 14% des émissions. D’ailleurs, une partie de ces émissions est due aux phénomènes de fermentation lors du processus de digestion du bétail, mais aussi aux modes de stockage et traitement des déjections, qui génèrent du méthane. C’est un gaz au pouvoir réchauffant bien plus fort que celui du dioxyde de carbone dont on entend pourtant beaucoup plus parler.
  • La multiplication des zones mortes dans l’océan. À travers les déjections des animaux, l’élevage rejette des quantités importantes de polluants, comme les nitrates, le phosphore, les engrais, les pesticides ou les antibiotiques. Ces polluants se retrouvent facilement dans les cours d’eau… avant de finir dans l’océan. La conséquence ? Certaines algues néfastes prolifèrent, étouffent le milieu marin, bloquent la lumière et donc empêchent la photosynthèse des végétaux marins qui produisent de l’oxygène. En plus de ça, les organismes qui les décomposent, les décomposeurs (je vous en parle juste après) sont contraints d’utiliser de l’oxygène pour les décomposer. C’est le cas des algues vertes en Bretagne. Au final, ces algues peuvent laisser de vastes zones mortes dans lesquelles peu d’espèces peuvent survivre.
  • La raréfaction des poissons. Selon Sea Shepherd, 40% des poissons pêchés le sont pour nourrir les animaux de ferme. Je n’ai jamais réussi à vérifier ce chiffre, mais il montre une chose : quand on mange de la viande ou des produits laitiers, il y a de grandes chances que l’on mange, indirectement, des poissons.

La solution de la semaine : la Fresque Océane

Pour Alice Vitoux, ingénieure de formation et passionnée par l’océan, il est urgent de comprendre l’océan afin de le préserver à toutes les échelles. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussée à créer la Fresque Océane l’année dernière en s’appuyant sur des sources de référence comme l’IPBES, le GIEC ou la FAO, et sur ses rencontres avec des expert·e·s.

Inspirée de la Fresque du Climat, la Fresque Océane est un atelier engagé, ludique et collaboratif. Le but ? Donner une vision systémique des liens de causes à effets entre nos actions et leur impact sur l’océan. En 3 heures 30, 6 thématiques sont abordées : les services rendus par l’océan, la biodiversité marine, la surpêche, la pollution, les industries maritimes et le dérèglement climatique. 100 cartes doivent être reliées entre elles en équipe pour faire apparaître les causes et les conséquences. Tout ça, dans le bon ordre. C’est un vrai condensé d’informations pour bien comprendre les enjeux, mais aussi identifier des pistes d’actions individuelles et collectives. Tout ce qu’on aime chez Blutopia !

Pour vous donner un petit avant-goût, voilà les 3 choses les plus marquantes que j’ai apprises : 

  • D’où vient l’oxygène que l’on respire ? On dit souvent que l’océan nous fournit 50% de l’oxygène que l’on respire et que s’il mourrait, on ne pourrait prendre plus qu’une respiration sur deux. D’ailleurs, c’est comme ça que commence notre série documentaire L’autre confort. Pourtant, ce n’est pas tout à fait vrai. En réalité, l’oxygène que l’on respire aujourd’hui est celui présent dans un réservoir qui a commencé à se remplir il y a plus de 3 milliards d’années grâce à des micro-organismes marins comme les cyanobactéries et les micro-algues planctoniques capables de réaliser la photosynthèse. Même si le phytoplancton continue de produire de l’oxygène, ce n’est pas grâce à lui que l’on peut respirer aujourd’hui. Il y a assez d’oxygène dans l’atmosphère pour des millions d’années.
  • Rien ne se perd, tout se transforme. Dans l’océan comme sur terre, il y a ceux qu’on appelle les décomposeurs. Ce sont des champignons ou des bactéries qui sont capables de décomposer la matière organique. La nature est un beau modèle zéro déchet à suivre, non ?
  • Le transport maritime multiplie les espèces invasives. Les gros navires qui transportent des marchandises utilisent un ballast, un réservoir d’eau qui est vidé ou rempli pour les stabiliser et faciliter la navigation. Le soucis, c’est que les eaux de ballast sont puisées directement dans l’océan à un endroit donné, et relâchées à un autre endroit, souvent à l’autre bout du globe. C’est comme ça qu’on retrouve des espèces en dehors de leur milieu d’origine capables de déséquilibrer des écosystèmes entiers.

Même si je commence à être calée sur l’océan, il me reste encore plein de choses à apprendre et la Fresque Océane me l’a bien montré. En tout cas, j’ai plein de nouvelles informations à vous partager pour 2021, à la fois dans cette newsletter, sur notre compte Instagram et dans nos prochains documentaires. J’ai hâte, et j’espère que vous aussi.

Pour aller plus loin : seul·e ou à plusieurs

📽 Documentaire : Planète Océan

Même si Planète Océan commence à dater (il est sorti en 2012), il est toujours autant d’actualité. Ce documentaire, écrit et réalisé par Yann Arthus-Bertrand et Michael Pitiot, explore la chaîne de la vie dans l’océan de son origine à nos jours. Une belle tribune qui montre sans détour la nécessité de protéger le grand bleu à qui l’on doit la vie. Disponible sur imagotv.fr, la plateforme de la transition écologique.

🗣 Atelier : La Fresque Océane

Vous aussi, vous voulez en apprendre plus sur l’océan ? Le meilleur moyen est de participer à La Fresque Océane. Confinement oblige, les ateliers ont lieu exclusivement en ligne pour le moment. Les prochaines dates sont annoncées ici.

Vous avez une question ou une suggestion ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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