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⏱ Temps de lecture : 4 minutes

Digues, murets, surélévation des voies de circulation… À La Rochelle, on ne compte plus les constructions qui visent à prévenir les risques liés à la montée des eaux. Et en même temps, ce n’est pas plus mal quand on sait ce qu’il se passe à 15 000 km de là.

Thwaites, ça ne vous dit rien ? C’est le plus gros glacier de l’Antarctique. 120 km de large, 600 km de long et 3 km de profondeur. On le surnomme “le glacier de l’apocalypse”. En décembre dernier, des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme. Sa fonte, et les réactions de causes à effets qu’elle provoquera, pourrait entraîner une élévation du niveau de la mer allant jusqu’à 3 mètres. Le point de non retour est tout proche. S’il est dépassé, on ne pourra plus jamais revenir en arrière. Et bonne journée !

Pour chaque centimètre d’élévation du niveau de la mer, 6 millions de personnes supplémentaires sont exposées aux inondations côtières autour de la planète.

Andrew Shepherd, Université de Leeds

Le problème : la montée des eaux

🧐 Le constat

Le niveau de la mer a augmenté de 20 cm depuis 1900. Ça vous semble peu ? Le problème, c’est que tout s’accélère. Après la publication du dernier rapport du GIEC le 9 août 2021, l’océanographe allemande Karina Von Schukmann a déclaré que le taux de la montée du niveau de la mer n’a jamais été aussi rapide qu’au cours des 100 dernières années.

Alors, à quoi doit-on s’attendre ? Tout dépend de ce qu’il va se passer dans les années à venir. Si l’on réduit nos émissions de gaz à effet de serre pour limiter la hausse des températures à +2°C, le niveau de la mer pourrait monter de 50 cm à 1 mètre en moyenne à l’horizon 2100. À l’inverse, si l’on dépasse les +2°C, le niveau de la mer pourrait monter de plusieurs mètres.

Et chaque centimètre a son importance : un centimètre d’élévation du niveau de la mer, c’est 6 millions de personnes supplémentaires exposées aux inondations côtières autour de la planète.

🕵️‍♀️ Les causes

Quand on pense à la montée des eaux, on pense tout de suite à la fonte des glaces. En fait, la fonte des glaces flottantes comme la banquise ne modifie pas le niveau de la mer. C’est le fameux principe d’Archimède, vous vous souvenez ? C’est donc uniquement la fonte des glaces présentes sur les continents, comme les calottes glaciaires, qui doit être prise en compte.

Justement, la calotte glaciaire du Groenland a perdu 4 700 milliards de tonnes en 20 ans selon des données publiées récemment par le Polar Portal, un réseau danois de recherche sur l’Arctique. C’est une masse suffisante pour couvrir l’ensemble du territoire des États-Unis d’un demi-mètre d’eau. Et il n’y a pas qu’au Groenland que ça fond. Thwaites, ça vous rappelle quelque chose ?

La montée des eaux est donc dûe à la fonte des glaces continentales, mais ce n’est pas tout. Il ne faut pas oublier la dilatation de l’eau. Le processus est simple : plus l’eau se réchauffe, plus son volume augmente et plus le niveau de la mer augmente.

À l’origine de ces phénomènes ? Le dérèglement climatique. Et oui, on en revient (presque) toujours au même problème.

😰 Les conséquences

Si vous habitez sur le littoral, les conséquences de la montée des eaux vous sont sûrement déjà familières :

  • Risques d’inondation accrus
  • Risque de submersion : le trait de côte recule, certaines îles et certaines villes, sont vouées à disparaître
  • Déplacements de populations : 250 millions de personnes vivent à moins d’un mètre de la ligne des marées hautes et sont susceptibles de devenir réfugié·e·s climatiques dans les années à venir
  • Salinisation des sols et des nappes d’eau douce souterraines : les terres agricoles et les nappes d’eau douce souterraines actuellement exploitées risquent de devenir inexploitables
  • Erosion côtière : la pression que les vagues exercent sur les falaises, sur les plages ou sur les dunes va augmenter

Vous n’arrivez pas à vous projeter ? Je vous conseille de jeter un œil à cette carte qui permet de visualiser l’évolution du trait de côte en fonction de l’élévation du niveau de la mer. Retour vers le futur garanti.

La solution de la semaine : voir le verre à moitié plein

J’ai une bonne, et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise nouvelle : le phénomène est en partie irréversible. Même si l’on stoppait instantanément toutes les émissions de gaz à effet de serre, le niveau de la mer augmenterait quoi qu’il arrive de plusieurs dizaines de centimètres d’ici 2100.

Et la bonne nouvelle : tout va dépendre des choix que l’on va faire. Si l’on agit rapidement et collectivement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on a encore une possibilité de limiter l’ampleur des dégâts.

Concrètement, voici 3 actions que vous pouvez faire facilement si vous ne savez pas par où commencer :

  • Végétaliser votre alimentation : 17% des émissions de gaz à effet de serre des Français·es sont liées à leur assiette.
  • Changer de banque : l’empreinte carbone des banques françaises représente près de 8 fois les émissions de gaz à effet de serre de la France entière.
  • Voyager autrement : 1 kilomètre en avion est 45 fois plus polluant qu’en train à grande vitesse.

Et si ça ne vous suffit pas, vous trouverez plein d’autres idées dans notre ebook. Pour le recevoir, il suffit de s’inscrire à notre newsletter bi-mensuelle !

Pour aller plus loin : entre la dépression et la crise de rire

🎙 Podcast : « Eric Chaumillon, géologue marin : élévation du niveau de la mer, quel avenir pour les littoraux ? » sur La Green Wave

Spoiler : il paraît que la mer monte à certains endroits, et descend à d’autres. Si vous voulez découvrir pourquoi, filez tout de suite sur votre application de podcasts préférée. En attendant, croisez les doigts pour être au bon endroit !

🎥 Vidéo : “Glacier de l’apocalypse” sur Blast avec Paloma Moritz

En 10 minutes, la journaliste Paloma Moritz décrypte le désastre écologique qui nous menace avec la fonte du glacier Thwaites. Ça fait froid dans le dos, mais tout n’est pas foutu.

🧑‍🔬 Show scientifique : “Hé… La mer monte !” avec Eric Chaumillon, Mathieu Duméry de Professeur Feuillage et Guillaume Bouzard

Entre la conférence, le cours de science et le stand-up, il y a… le show scientifique. “Hé… La mer monte !” explore avec humour le changement climatique et ses conséquences sur le littoral.

Arrêtons les artifices et levons nous avant d’être sous l’eau.

Malaury Morin

Co-fondatrice & Chargée de campagnes de Blutopia

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