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La gueule de bois, c’est fini 😵

⏱ Temps de lecture : 3 minutes

Je prévoyais de vous écrire dimanche, mais les choses ne se sont pas vraiment passées comme prévu. J’ai commencé la journée en allant au bureau de vote, Présidentielle oblige. Au réveil, j’avais reçu un message de Sea Shepherd : 2 dauphins venaient d’être retrouvés sur la plage de la Tranche-sur-Mer où j’avais l’habitude d’aller enfant. Une exposition était prévue à 14h30 sur le port de La Rochelle pour mettre en lumière le problème des prises « accessoires » au large de nos côtes. J’y suis allée pour photographier l’action. J’ai commencé à rédiger ce mail juste après. Mais au moment de vous l’envoyer, les résultats sont tombés. Et depuis, les émotions se bousculent.

1️⃣ Déception. À l’annonce des résultats du premier tour de la Présidentielle 2022, je n’ai pas pu y échapper. J’avais voulu croire en la volonté de la majorité des citoyen·ne·s à faire prévaloir la justice climatique et sociale. J’ai eu tort.

2️⃣ Angoisse. Blutopia existe depuis 4 ans déjà. Au moment de sa création, j’étais persuadée que les problèmes étaient si criants que tout le monde allait en prendre conscience et que les solutions allaient être appliquées en un temps record. 4 ans plus tard, je dois regarder les choses en face. Mon avenir, et celui des générations qui vont suivre, n’a jamais été aussi incertain.

3️⃣ Honte. Comment peut-on faire confiance à un chef de l’Etat condamné à deux reprises pour inaction climatique lorsque l’on sait que le climat conditionne notre survie ? Comment peut-on avoir envie de vivre dans un pays commandé par l’extrême droite alors que la justice sociale est intimement liée à la justice climatique ?

4️⃣ Soulagement. En voyant que les jeunes ont fait le bon choix, j’ai eu une lueur d’espoir. En voyant que les résultats du premier tour ont éveillé ou renforcé l’engagement de milliers de personnes (coucou Camille Etienne et le groupe Télégram « Avant l’orage » qui rassemble déjà 3 000 personnes), j’ai compris que tout n’était pas perdu.

5️⃣ Regain de motivation. Le dernier rapport du GIEC n’y va pas par quatre chemins. Il nous reste 3 ans pour agir et s’assurer un avenir vivable. Et si ça ne passe pas par en haut, il faut que ça passe par en bas. Il ne faut pas baisser les bras. Au contraire, il faut redoubler d’efforts pour que les choses changent. Vraiment.

Au final, j’ai encore plus d’énergie aujourd’hui que je n’en avais dimanche. Je suis convaincue que ce que je fais avec Blutopia depuis 4 ans est juste. Je suis déterminée à mener à bien la campagne De l’assiette à l’océan et encourager au moins 100 000 citoyen·ne·s à changer leurs habitudes alimentaires. D’ailleurs, voilà le décompte de l’aventure du 1er mars au 10 avril : 

🚘 23 voitures
🚆 11 trains
😴 11 hébergements
📍 11 villes
🗣 16 interviews

Les rencontres

🐬 Hélène Labach : comprendre et protéger les cétacés de Méditerranée

Cachalot, grand dauphin, rorqual commun, globicéphale noir, dauphin commun… Toutes ces espèces de cétacés sont présentes en Méditerranée, mais la plupart sont menacées. Hélène a décidé de dédier sa vie à leur conservation à travers l’association Miraceti.

👨‍🔬 Wilfried Sanchez : étudier l’impact des pesticides sur les organismes marins

Les pesticides sont désormais partout, de la surface terrestre aux fosses océaniques les plus profondes. Avec l’Ifremer, Wilfried étudie les impacts de leur présence sur les organismes marins et prouve qu’il est urgent de limiter leur usage sur terre pour préserver l’océan.

🐟 Benoît Guérin : trouver l’équilibre entre pêche et préservation des fonds marins

Port Pothuau. C’est là que l’artisan pêcheur, aussi ingénieur halieute, a décidé d’amarrer son bateau. Ensemble, on a discuté de la pêche aux petits métiers, qui consiste à varier les techniques au fil de l’année, mais aussi de l’état des fonds marins et de l’avenir de la pêche.

L’anecdote

On sera sur le terrain, quoi qu’il arrive. 

Il y a une semaine tout pile, je partais avec Julien sur le Clémentine, le semi-rigide de la flotte de Sea Shepherd. Départ du port : 20h. Retour à quai : 2h. On a passé une bonne partie de la nuit en patrouille contre vents et marées. L’objectif ? Identifier les braconniers et documenter la pêche illégale sur une zone où il est interdit de poser des filets. Car oui, il y a des pirates juste à côté de chez nous. On est rentré·e·s bredouille, mais quelques jours plus tôt, les équipes de Sea Shepherd ont filmé un petit bateau de pêche dite artisanale remonter des centaines de seiches dans ses filets, en pleine période de reproduction de l’espèce.

Le surlendemain, après avoir (un peu) dormi, on repartait en patrouille, à terre cette fois. Alors que la tempête Diego commençait à se faire sentir et qu’il pleuvait à flots, on a marché une dizaine de kilomètres pour identifier d’éventuels échouages de dauphins. Encore une fois, on est rentré·e·s bredouille, mais 3 dauphins ont été retrouvés quelques jours plus tard. 

Résultat : on sait ce qu’on fera pour nos premières vraies vacances de salarié·e·s en 2023. Je vous laisse deviner !

Au large de la côte Atlantique française, 6 000 à 10 000 dauphins meurent chaque année à cause des méthodes de pêche non sélectives.

Observatoire Pelagis

L’image

Ce qui se cache derrière la consommation de poissons

Les chalutiers et les fileyeurs ne font pas dans la dentelle. Quand ils visent le bar dans le golfe de Gascogne, ils font forcément des dégâts collatéraux, à commencer par les dauphins. L’exposition de Sea Shepherd sur le port de La Rochelle ce dimanche n’a laissé personne indifférent·e.

Cet article fait partie d’une série « Journal de bord » rédigée par Malaury Morin à l’occasion du tournage du documentaire De l’assiette à l’océan.

Malaury Morin

Co-fondatrice & Chargée de campagnes de Blutopia

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