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Cette semaine, je suis allée à la rencontre des jeunes pour parler engagement et préservation de l’océan. Que ce soit lors de mon intervention auprès des éco-délégué·e·s d’un lycée rochelais, de la formation civique et citoyenne que j’ai co-animée avec l’association Avenir en Héritage ou du festival Projection Transition à Nantes, c’est toujours la même histoire. Toutes et tous ont peur de l’avenir. Et en même temps, ce n’est pas étonnant. Ils et elles baignent dans les mauvaises nouvelles depuis leur naissance, ou presque.

Le problème : l’éco-anxiété

J’ai l’impression d’en entendre parler absolument partout. La notion a été conceptualisée l’année de ma naissance, en 1996, par Véronique Lapaigne, médecin-chercheure en santé publique et en santé mentale. Comme vous l’avez sans doute deviné, il s’agit d’une forme d’anxiété plus ou moins sévère causée par la peur de l’avenir face aux enjeux écologiques.

Les symptômes sont multiples et ne s’arrêtent pas à l’anxiété : attaques de panique, insomnies, sentiment d’impuissance, de perte de contrôle ou de perte de sens, peur de l’avenir, tristesse ou encore regret. Bref, rien de bien réjouissant.

Et apparemment, ce serait le nouveau mal du siècle. Des chercheurs d’universités britanniques, américaines et finlandaises, financé·e·s par l’ONG Avaaz, ont interrogé 10 000 jeunes de 16 à 25 ans provenant d’une dizaine de pays différents. Résultat : 75 % des répondant·e·s jugent le futur effrayant et 50 % se sentent tristes, anxieux, en colère, démuni·e·s ou coupables face à la crise climatique. Quand on voit la vitesse à laquelle se dégradent les écosystèmes et la lenteur à laquelle agissent les gouvernements (cc COP26), ça se comprend, non ?

L’éco-anxiété est une réaction saine dans un monde qui s’ignore fou.

Charline Schmerber, psychologue

La solution de la semaine : 6 astuces pour combattre l’éco-anxiété

Et si je vous disais que l’éco-anxiété n’était pas qu’un problème et qu’elle faisait même partie de la solution ? Évidemment, l’éco-anxiété peut mener à l’inaction et à la paralysie, mais elle peut aussi être utilisée comme un moteur pour changer les choses. Et à ce moment-là, elle devient essentielle dans la lutte contre les effondrements et pour la préservation du vivant.

Selon Véronique Lapaige, « se sentir responsable est indispensable. Il ne faut donc pas voir l’éco-anxiété uniquement comme un problème mais aussi comme un moteur pour changer les choses. Ce sentiment conduit les gens à adhérer à certaines valeurs, à un engagement intérieur. Ils vont prendre position dans le débat public, se rassembler et un leadership collectif peut alors émerger. »

Alors pour dépasser l’éco-anxiété et en faire une force, voici ce que vous pouvez faire :

  • Vous écouter et prendre du temps pour vous régulièrement en pratiquant la méditation de pleine conscience avec Petit Bambou ou Headspace
  • Trouver une oreille pour être écouté·e par d’autres et vous entourer de personnes sensibles à ces questions pour sortir de la solitude en rejoignant des associations comme Blutopia, Sea Shepherd, Surfrider Foundation Europe, Tara Océan ou la Water Family
  • Passer du temps dans la nature : la forêt, la montagne et l’océan ont des vertus sous-estimées
  • Vous couper de l’actualité en mettant en place des temps de detox médiatique 
  • Passer à l’action : c’est sans doute le remède le plus puissant contre l’éco-anxiété. Et si vous ne savez pas par où commencer, notre newsletter devrait vous donner quelques idées. Vous pouvez retrouver toutes les éditions passées sur notre site internet. 
  • Rester bienveillant·e envers les autres… mais aussi envers vous-même : le chemin peut être long et sinueux, et le but n’est pas de s’épuiser en route pour retomber dans l’anxiété et la culpabilisation. Il n’y a que les gens profondément heureux qui peuvent créer des mouvements que l’on a envie de suivre. 

Et rappelez-vous une chose. Comme le dit la psychologue Charline Schmerber, “l’éco-anxiété est une réaction saine dans un monde qui s’ignore fou”. Ce n’est ni une pathologie, ni une maladie, mais une forme de sensibilité qui est le signe d’une conscience lucide. Si cette lucidité a un prix, c’est aussi une chance qui permet de se préparer au mieux à ce qui arrive et d’agir maintenant pour faire advenir un futur souhaitable.

Pour aller plus loin : ce qu’il vous faut pour éviter la dépression

🎙 Podcast : « Accueillir ses émotions face au changement climatique » avec Charline Schmerber sur Basilic Podcast

Dans cet épisode, Jeane Clesse reçoit Charline Schmerber, psychologue qui accompagne des patient·e·s dévasté·e·s, perdu·e·s et impuissant·e·s face au changement climatique. Elles y parlent éco-anxiété, solastalgie, éco-psychologie… et, surtout, elles nous partagent des clés pour atteindre l’éco-sérénité.

📕 Livre : Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat

Dans son livre, la journaliste spécialiste des questions environnementales Laure Noualhat explore les pistes et les outils pour aller mieux et passer de la sidération à la résilience.

💊 Programme ré_action « Chauffe toi pour le climat » par makesense

Vous avez besoin d’une pilule contre l’éco-anxiété ? Elle s’appelle ré_action. L’objectif du programme “Chauffe toi pour le climat” lancé par makesense est de faire baisser la température de la planète en proposant des actions facilement réalisables. Une belle aventure collective de 2 semaines qui s’adapte à vos affinités et vos disponibilités et qui vous permettra de vous engager pour de bon.

Vous l’avez compris, tout n’est pas encore foutu et je ne suis pas prête de m’arrêter à diffuser le message. Alors, prenez une bonne inspiration pour vous regonfler à bloc avant une semaine sous le signe de l’action.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Scénariste-Reporter de Blutopia

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