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Il y a une chose que j’entends presque systématiquement quand j’annonce que je suis vegan à des personnes qui ne le sont pas (encore). « C’est bien, mais moi je privilégie le local. Je mange la viande du petit producteur à côté de chez moi, c’est quand même mieux que les bananes qui poussent à l’autre bout du monde. » Sur le papier, peut-être. Et d’ailleurs, j’étais la première à le penser. Pourtant, en réalité, si l’on parle d’empreinte carbone, c’est loin d’être le cas.

Remplacer la viande rouge un jour par semaine par des protéines végétales est aussi bénéfique que de manger strictement local à tous les repas.

Christopher Weber et Scott Matthews, Environmental Science & Technology

Le problème : l’élevage ou la mondialisation ?

D’après une étude de Hannah Ritchie publiée en janvier 2020 sur Our World in Data, les chiffres sont sans appel : il vaut mieux bien choisir ses aliments, que de se focaliser sur leur provenance.

En fait, la plupart des aliments transitent par les routes maritimes et terrestres, plutôt qu’aériennes. Et même si l’on ne peut pas nier l’impact du transport, quelqu’il soit, il représente une toute petite part de l’empreinte carbone des aliments, aux alentours de 10 %. C’est du côté de la production qui précède le transport qu’il faut regarder, pas du côté du transport en lui-même.

Si l’on prend en compte toute la chaîne, et donc, entre autres, l’espace utilisé, les émissions liées à l’élevage, les intrants, le transport et la distribution, les aliments les plus polluants sont les produits animaliers, peu importe leur provenance. Et à la tête du classement ? Le boeuf.

Dans une étude publiée dans la revue Science, Joseph Poore et Thomas Nemecek ont prouvé que plus de 80 % de l’empreinte de la plupart des aliments sont dus à la déforestation, la déstabilisation des sols, l’usage d’engrais, les rejets de méthane des troupeaux bovins et la mécanisation massive de l’entretien des terres.

Dès 2008, les rapports de Christopher Weber et Scott Matthews publiés dans Environmental Science & Technology montraient que les rejets émis par la production de viande rouge sont tels que la remplacer un jour par semaine par des protéines végétales est aussi bénéfique que de manger strictement local à tous les repas. Alors, convaincu·e ?

La solution de la semaine : plus de plantes

Quand vous allez au marché, à l’épicerie du quartier ou au supermarché, demandez vous comment ont été produits les aliments que vous avez sous les yeux, avant de chercher où ils ont été produits. Une banane produite à des milliers de kilomètres aura sans doute une empreinte écologique bien moins importante qu’une pièce de viande rouge issue d’un boeuf élevé par votre voisin·e. 

Évidemment, ça ne veut pas dire qu’il faut acheter n’importe quel produit, tant que c’est végétal. Bien au contraire. Quand c’est possible, il vaut mieux privilégier le local (et de saison, ça va de soi). Si vous avez la chance de pouvoir acheter en direct producteur·rice·s, vous créerez même du lien avec celles et ceux qui vous nourrissent. Et ça, ça n’a pas de prix !

Notre sélection* : des recettes vegan et locales

Palak tofu

Le palak tofu, c’est la version vegan du palak paneer, un plat indien bien épicé à base d’épinards, à servir avec un naan et du riz de Camargue. Pour donner encore plus de goût, choisissez du tofu lactofermenté. Et pour n’utiliser que des ingrédients locaux, remplacez la crème de coco par de la crème de soja.

Et oui, contrairement à ce que l’on entend souvent, le soja à destination des humains (et pas du bétail) pousse généralement en France ou, au plus loin, en Allemagne et en Pologne. La marque SOY, que l’on trouve dans la plupart des magasins bio, fait des produits à base de soja 100% français.

Socca Primavera

Ça fait des mois que je suis Eva Gaillot aka The French Coconut sur Instagram et que je rêve de ses soccas, des galettes à base de farine de pois chiches typiquement niçoises. La semaine prochaine, je me lance et je fais la dernière recette qu’elle a partagée : la socca primavera, pleine de légumes printaniers.

D’ailleurs, j’étais persuadée que les pois chiches ne poussaient qu’au Moyen-Orient avant d’écrire cette newsletter. En fait, on sait aussi les produire sur le bassin méditerranéen français ! Vous étiez au courant ?

Pour aller plus loin : le film du dimanche soir

🎬 Film : Cowspiracy par Kip Andersen et Keegan Kuhn

Ce film est un classique qui explore l’impact de l’élevage sur la planète. Même s’il date de 2014, il est encore pleinement d’actualité. Celles et ceux qui connaissent l’histoire de Blutopia savent que c’est ce documentaire qui nous a poussé·e·s à devenir vegan du jour au lendemain avec Julien. Alors, si vous ne l’avez pas encore vu, foncez ! Et si vous voulez enchaîner, je vous conseille What the Health et Seaspiracy.

🎬 Film : « Notre alimentation sauvera l’océan ou le détruira » par Blutopia

J’aurais aimé vous dire que notre nouveau documentaire était disponible sur Netflix, mais il va falloir patienter un peu. Et pour Netflix, je ne vous promets rien. Quoi qu’il arrive, pour pouvoir travailler sur ce projet, qui sera sans doute le projet le plus important pour Blutopia en 2022, il nous faut des fonds. C’est pour ça que l’on a imaginé « Le cadre photo qui ne sauvera pas l’océan », un cadre en plastique recyclé, fait en France et dont 100% des profits sont reversés à Blutopia. Si vous le précommandez dès maintenant sur Ulule, vous nous aiderez à financer, en partie, notre prochain documentaire sur les liens entre alimentation et océan.

Des questions, des suggestions ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

* Vous pouvez nous faire confiance, notre sélection est 100% indépendante.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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