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Imaginez un monde où l’on puise une quantité inestimable de ressources pour fabriquer des produits qui ne seront utilisés que quelques minutes voire quelques secondes. Ça vous paraît dingue ? C’est pourtant le monde dans lequel on vit aujourd’hui. C’est le monde que l’on a construit. Et c’est le monde auquel on participe chaque jour.

Le plastique à usage unique : un confort qui menace l’océan

Le plastique à usage unique est devenu la norme. Acheter de l’eau en bouteille est un réflexe pour beaucoup, même dans les pays où l’eau du robinet est potable. De toute façon, on fait le tri, on met la bouteille dans la poubelle jaune et elle sera recyclée, non ? Si vous lisez cet article, vous imaginez bien que ce n’est pas si simple. En France, seulement 49% des 25 millions de bouteilles plastiques jetées chaque jour sont recyclées. À l’échelle mondiale, 9% des déchets plastiques sont recyclés, alors que la production s’élève à 10 tonnes par secondes. Où va le reste ? Plusieurs options. Au mieux, les déchets plastiques sont enfouis ou incinérés. Au pire, les déchets plastiques sont entreposés dans des décharges à ciel ouvert ou abandonnés dans la nature, avant de finir leur course dans l’océan.

En 2016, 396 millions de tonnes de plastiques ont été produites. Si tout le monde consommait de la même manière, cela serait équivalent à une consommation de 53 kg de plastiques par personne en seulement un an. Et quand un rapport de WWF nous annonce que si aucun effort n’est fait, cette production pourrait augmenter de 40% d’ici 2030, on se demande si on ne va pas finir enfouis sous les déchets plastiques avant de pouvoir les enfouir…

La solution : interdire le plastique ?

Vu comme ça, on aurait tendance à dire qu’il suffirait d’interdire le plastique jetable pour résoudre le problème. En tout cas, c’est bien ce que compte faire la France. L’objectif du gouvernement ? Éliminer tout plastique à usage unique d’ici 2040. L’une des premières étapes a été d’interdire les sacs en plastique jetables dans les supermarchés en 2016. D’ici à janvier 2021, ce sera au tour des produits plastiques à usage unique comme les couverts, les pailles, les assiettes ou les gobelets. D’ailleurs, depuis le début de l’année 2020, ils sont progressivement remplacés par leurs alternatives en carton et autres matériaux recyclables, biodégradables ou compostables.

Pourtant, quand on lit l’analyse de cycle de vie réalisée par la UK Environment Agency, ça paraît presque contradictoire. Comparés au papier et au coton, les sacs en plastique sont ceux qui utilisent le moins d’eau et le moins d’énergie. Pour compenser la différence, il faudrait utiliser un sac en papier au moins 3 fois, et un sac en coton au moins 131 fois. Bon, évidemment, c’est sans compter le fait que le plastique ne disparaît jamais, alors que le papier se composte et que le coton se décompose.

Le vrai problème, c’est l’usage unique

Vous voyez où je veux en venir ? Aujourd’hui, l’usage unique se cache partout. Même si l’on utilise des sachets en carton recyclable ou des sacs en bioplastique compostables, les jeter directement après usage en fait toujours des produits à usage unique… qui ont demandé beaucoup de ressources au moment de la production et ont de fortes chances de ne pas être valorisés en fin de vie. 

Si on ne change pas nos habitudes de consommation et si on continue d’utiliser des produits à usage unique, on ne résout pas le problème. Bien au contraire ! L’interdiction du plastique à usage unique nous pousse déjà à consommer d’autres produits jetables. On remplace le plastique par du papier, de l’amidon de maïs ou de l’amidon de pomme de terre. Alors certes, ça nous donne bonne conscience. Mais en réalité, on remplace le problème de la pollution plastique par celui de la déforestation ou du manque de ressources alimentaires. La seule alternative efficace et viable pour protéger l’océan, c’est d’en finir avec l’usage unique et d’opter pour le réutilisable.

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Alexandra

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Bénévole Blutopia

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