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La semaine dernière, je vous parlais de la slow fashion, comme réponse à la frénésie de la fast fashion. Cette semaine, je vous propose de creuser le sujet avec une solution concrète : les vêtements recyclés.

Le problème : les fibres vierges

Vous vous souvenez que 150 milliards de vêtements sont produits chaque année dans le monde ? La plupart du temps, pour produire ces vêtements, il faut produire des fibres textiles vierges. Le problème, c’est que les processus de fabrication polluent bien plus qu’on ne pourrait le penser.

Eaux usées et produits chimiques

Les fabricants utilisent des produits chimiques tout au long de la chaîne de fabrication du vêtement. On retrouve en particulier des métaux lourds, des alkylphénols (utilisés pendant le lavage et la teinture), des phtalates (liés à l’utilisation de PVC dans des impressions) ou encore des substances perfluorées (utilisées dans des traitements finaux comme l’imperméabilisation). Ces produits chimiques sont rejetés dans les eaux usées, les rivières et les cours d’eau, qui se déversent directement dans l’océan.

Consommation d’eau

L’industrie de la mode consomme 79 milliards de mètres cubes d’eau chaque année, entre autres pour la culture du coton dans des régions qui sont déjà arides, comme l’Ouzbékistan ou la vallée de l’Indus. Par exemple, la fabrication d’un jean nécessite 11 000 litres d’eau et celle d’un t-shirt en nécessite 2 700.

Gaz à effet de serre

Selon le rapport Climate Works de 2018, l’industrie de la mode, donc des vêtements et des chaussures, émet 8% des gaz à effet de serre du monde, transport compris. D’ailleurs, à ce niveau-là, une précision importante s’impose. Dans le cycle de vie d’un vêtement, ce n’est pas le transport qui émet le plus de gaz à effet de serre. Ça correspond à seulement un peu plus de 1% des émissions. Plus encore que le lieu de fabrication, ce sont donc les procédés de fabrication qui importent.

La solution : les fibres recyclés

Avec les milliards de vêtements fabriqués et de déchets produits chaque année, on a de quoi faire plein de nouveaux vêtements. Et tout ça, sans produire de nouvelles fibres vierges, donc sans puiser de nouvelles ressources dans la planète. Plusieurs options sont possibles : utiliser les chutes de production, valoriser les vêtements jetés ou recycler nos déchets du quotidien. Parmi les matières recyclées les plus répandues, il y a le polyester, le coton, la laine mérinos et, tout simplement, les vêtements recyclés. 

Polyester recyclé

La plupart du temps, le polyester recyclé est issu de bouteilles plastiques revalorisées. C’est une des matières recyclées que l’on retrouve le plus, mais celle-ci pose plusieurs problèmes. Si vous nous suivez depuis longtemps, vous savez déjà que le lavage d’un vêtement en fibres synthétiques peut libérer jusqu’à 1 900 micro-fibres de plastique qui finiront tôt ou tard dans l’océan. En plus de ça, le polyester est souvent utilisé pour renforcer d’autres fils recyclés. Ce mélange des matières rend le recyclage particulièrement difficile en fin de vie. Il faut donc veiller à l’utiliser en priorité pour certains types de vêtements pour lesquels il est indispensable, comme les maillots de bain ou les vêtements techniques.

Coton recyclé 

Ici, ce sont majoritairement des chutes de production destinées à être jetées qui sont revalorisées. Comparé à du coton standard, le processus nécessite moins d’énergie, beaucoup moins d’eau et aucun pesticide. En revanche, il faut savoir que les fibres de coton recyclé sont plus fragiles. C’est la raison pour laquelle elles sont souvent mélangées à des fibres vierges ou du polyester recyclé afin d’être retransformées en un fil suffisamment résistant.

Laine mérinos recyclée

La laine mérinos a beaucoup d’avantages. Elle est douce, régulatrice, anti-odeur et biodégradable. En revanche, les impacts écologiques et éthiques ne sont pas très positifs. Certaines analyses montrent qu’un pull en laine mérinos vierge fait en France peut être plus polluant qu’un pull en polyester fait en Chine. Les impacts sont similaires à ceux de l’élevage à destination alimentaire dont je vous parlais dans mes dernières newsletters : espace terrestre nécessaire aux moutons, émissions de CO2 liés en partie à leur alimentation, consommation d’eau et bien d’autres. La laine recyclée à partir de chutes de filature permet de remédier à tout ça. 

Vêtements recyclés

Une fois collectés par des initiatives comme Le Relais, les vêtements sont sélectionnés et réutilisés tels quels, ou alors triés par couleur et composition, puis broyés et ramenés à l’état de fibres.

Notre sélection* : la transparence à l’honneur

La raison pour laquelle j’aime Hopaal et au Juste, c’est que ces 2 marques partagent clairement les matières utilisées, les personnes qui fabriquent les vêtements de la filature au tricotage, mais aussi les coûts de production et les marges qu’ils appliquent. Une vraie révolution dans l’industrie de la mode !

Hopaal

Hopaal produit des vêtements réalisés à partir de matières recyclées, majoritairement confectionnés en France et partiellement au Portugal, toujours à moins de 1 000 km de leur atelier-boutique à Biarritz. Leur vision du futur ? « Plus nous recyclons, moins nous détruisons : c’est ça le futur. » Ce sont les seuls en France à avoir supprimé le polybag en plastique qui protège d’habitude les vêtements en sortie d’atelier. Et pour aller plus loin, ils reversent même 1% de leur chiffre d’affaires aux associations Mountain Wilderness et Coral Guardian (mais rien à Blutopia, on est sans doute arrivé·e·s trop tard !) 

au Juste

au Juste, c’est une marque de vêtements mixtes 100% recyclés et made in France, créée par Gonzague et Violaine, frère et soeur. Issu·e·s d’une famille de 4 enfants, tous leurs vêtements ont eu plusieurs vies. La première sur leurs épaules, et ensuite sur celles de leurs frères et sœurs. Avec au Juste, la tradition familiale est perpétuée et une nouvelle vie est donnée aux matières usées. D’ailleurs, Jacques, leur nouveau pull demi-saison, vient de sortir. Il rend hommage à Jacques Mayol dans le film Le Grand Bleu.

Pulls recyclés au Juste

* Vous pouvez nous faire confiancenotre sélection est 100% indépendante.

La campagne Ulule** : une chaussette pour la planète

Label Chaussette vient de lancer une chaussette pour la planète. Le concept ? 97% de matières recyclées en Espagne à partir de vêtements usagées et déchets plastiques pour une chaussette tricotée en France. En bref, une chaussette qui parcourt moins de 1 000 km et utilise 100 fois moins d’eau qu’une chaussette classique. On a reçu les nôtres en beige sable et bleu océan en avant-première. Depuis, on ne les quitte plus. Elles sont confortables, légères et aérées : parfaites pour le printemps et l’été.

Chaussettes recyclées Label Chaussette

** Label Chaussette nous a offert 2 paires de chaussettes. Il fallait bien qu’on les essaye avant de vous en parler.

Et vous, quelle est votre marque de vêtements recyclés préférée ? N’hésitez pas à nous la partager en commentaire.

Malaury

Malaury

Co-fondatrice de Blutopia

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