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Oui, je sais, il est un peu tard pour vous envoyer la newsletter qui arrive d’habitude le dimanche à 10h. Je vous assure, j’ai une bonne excuse. Lundi dernier, la Fédération française de surf annonçait avoir réussi à faire pression pour obtenir une dérogation à la règle des 10 km pour tou·te·s les licencié·e·s, nous autorisant à venir à nos cours de surf jusqu’à 30 km. Aujourd’hui, les vagues étaient de retour alors il était temps pour moi de me remettre à l’eau et m’entraîner à faire des pas croisés sur mon longboard : il y a encore du boulot avant d’arriver jusqu’au nose ! J’avais prévu de vous parler des forages pétroliers en mer, mais j’ai finalement préféré dédier cette newsletter au surf.

Le problème : le mythe des surfeur·se·s écolos

On a tou·te·s en tête l’image du surfeur écolo, qui consomme le moins possible, n’a besoin que de belles sessions pour être heureux et fait tout pour protéger son terrain de jeu. Pourtant, ce dont on a besoin pour surfer est bien souvent toxique pour les milieux marins.

Les combinaisons

La grande majorité des combinaisons de surf sont à base de Néoprène, un caoutchouc synthétique qui peut être fabriqué à partir de pétrole ou de calcaire. À cela s’ajoute du polyester, utilisé pour les doublures intérieures et extérieures, et des colles à base de solvants. Bref, les combinaisons posent tout un tas de problèmes : ressources non renouvelables, émissions de gaz à effet de serre et de composés organiques volatiles qui polluent l’air ou encore production de déchets qui ne sont ni biodégradables, ni recyclables.

Les planches

Du côté des planches de surf, ce n’est pas mieux. Aujourd’hui, la plupart sont fabriquées soit avec une mousse en polyuréthane et de la résine polyester, soit avec une mousse en polystyrène expansé dite EPS et de la résine epoxy, avant d’être recouvertes de fibre de verre. De nouveau, ça implique des émissions de gaz à effet de serre, une pollution chimique des milieux naturels et de nombreux déchets. Pour fabriquer une planche de surf d’environ 2,5 kg, on génère 6 kg de déchets. C’est 2,5 fois le poids de la planche en elle-même !

La wax

Impossible de faire l’impasse sur la wax si on ne veut pas se retrouver à faire le grand écart sur sa planche. Généralement, la wax est faite de paraffine, d’huile et de colle. Le problème ? La paraffine. C’est un résidu de l’industrie du pétrole très bon marché, mais qui pollue à la fois lors de sa production et lors de son utilisation. En contact avec l’eau, la wax se dégrade progressivement, libérant des substances toxiques pour la faune et la flore.

Pour fabriquer une planche de surf d’environ 2,5 kg, on génère 6 kg de déchets. C’est 2,5 fois le poids de la planche en elle-même !

La green session

La solution de la semaine : des alternatives pour tout

Les combinaisons

Le Néoprène à base de pétrole, c’est du passé. Aujourd’hui, on trouve plein d’alternatives pour limiter l’impact de nos combinaisons :

  • Le Yulex, un caoutchouc naturel obtenu après transformation du latex d’Hévéa, arbre originaire de la forêt amazonienne et d’Amérique centrale
  • Des matières recyclées comme dans le limestone ou l’Eicoprene de Picture Organic Clothing, qui est un mélange de 70% de calcaire et de 30% de pneus recyclés
  • L’Oysterprène de Sooruz où la roche calcaire, le limestone, est remplacée par de la poudre de calcaire venant de coquilles d’huîtres broyées
  • Des colles à base d’eau pour éliminer les solvants

Les planches

S’il est encore difficile de se passer de mousse et de résine pétrosourcées, il est désormais possible d’en limiter l’usage en optant pour :

  • Du bois : s’il est sourcé localement et qu’il provient d’une forêt gérée durablement, c’est une bonne option pour revenir aux origines du surf
  • De la mousse EPS recyclée
  • Du PLA, un bio-plastique à base d’amidon de maïs, et du PET recyclé, issu du recyclage des bouteilles en plastique, fréquemment utilisés pour fabriquer le noyau d’une planche en impression 3D
  • De la résine epoxy bio-sourcée à partir de plantes et de matières végétales
  • Du liège pour réduire la quantité de résine utilisée

Et pour remplacer la fibre de verre qui nécessite des températures de chauffe s’élevant jusqu’à 1 500°C, il y a la fibre de lin.

En cumulant les alternatives déjà existantes, il est possible de réduire de presque de moitié l’impact d’une planche de surf sur l’ensemble de son cycle de vie.

La wax

Il existe différents types de cires d’origine naturelle qui peuvent remplacer la paraffine : la cire d’abeille, la cire végétale de palmier, de soja, de carnauba ou encore de candellila.

Notre sélection* : 100% française

Les combinaisons : Sooruz

Impossible de commencer cette sélection sans parler de la seule marque de glisse rochelaise, et pas des moindres ! L’année dernière, Sooruz a imaginé une combinaison unique à partir de caoutchouc naturel, canne à sucre, huiles alimentaires et poudre de coquilles d’huîtres : la Green Line.

Les planches : NOTOX et Yuyo

Pour les planches de surf, NOTOX a trouvé le compromis presque parfait entre performance et écologie : des matériaux en circuit court, comme le liège et la fibre de lin, et une démarche de réduction des déchets. Tout ce qu’on aime ! D’ailleurs, depuis mon dernier anniversaire et notre passage à leur atelier à Anglet, c’est sur une NOTOX que je glisse.

Sur la côte méditerranéenne, Romain, le fondateur de Yuyo, fabrique des planches dont le noyau est constitué de déchets plastiques et stratifié avec un alliage biocomposite. Le tout, grâce à l’impression 3D qui évite la production de déchets.

Les dérives : ADAOZ Wave et Nomads Surfing

Sur une planche, il y a une chose essentielle : les dérives. Elles permettent de se diriger et peuvent même apporter de la stabilité. Là aussi, les alternatives existent : recyclées à partir de déchets plastiques post consommation avec ADAOZ Wave ou à partir de filets de pêche voués à être jetés avec Nomads Surfing. Vous avez le choix !

La wax : Green Fix

Dans le pays basque, Green Fix a imaginé une wax à partir de matières 100% naturelles : cire d’abeille, cire végétale, huile végétale et colle colophane obtenue à partir de résine de pin. Tout a été pensé, jusqu’à l’emballage imprimé à Bayonne chez un imprimeur labellisé Imprim’Vert avec du papier fabriqué à partir de bois certifié PEFC et des encres à base d’huiles végétales.

Pour aller plus loin : surfer autrement

🏄‍♂️ Association : La Green Session

La Green Session est une association qui aide les passionnés·e·s de glisse à réduire leur impact en les aidant à consommer moins mais mieux et en évitant les pièges du greenwashing. Leur blog et leurs guides gratuits sont de vraies puits de connaissances. D’ailleurs, je dois l’avouer, cette newsletter aurait été bien plus compliquée à écrire sans tous leurs contenus.

🎬 Film : « Rame pour ta planète » par Sabina Hourcade et Lucie Francini

Surfer, c’est être témoin de la fragilité de l’océan, qu’on le veuille ou non. Sur la côte basque, une poignée de personnes a décidé d’utiliser la glisse pour porter la voix de l’océan. Rame pour ta planète raconte la mobilisation sur tout le littoral d’une communauté de surfeur·se·s engagé·e·s qui appellent au changement individuel et collectif pour préserver leur terrain de jeu.

🌊 Un bout d’océan chez vous

Si vous n’avez pas la chance de pouvoir surfer à côté de chez vous (cc tous les Parisien·ne·s qui me lisent), vous pouvez toujours vous remonter le moral en apportant un bout d’océan dans votre salon. Avec le cadre photo qui ne sauvera pas l’océan, on propose plusieurs tirages devant lesquels vous pourrez vous imaginer sur les vagues, à défaut de les surfer dans la vraie vie.

Des questions, des suggestions ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

* Vous pouvez nous faire confiance, notre sélection est 100% indépendante.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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