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Je ne sais pas vous, mais moi je peux rester de longues minutes devant mon placard, en pleine interrogation quant au choix de ma tenue. Et la conclusion est souvent la même : “Je n’ai rien à me mettre”. Alors qu’en réalité, j’ai largement assez de vêtements. Et justement, ce mercredi 20 janvier sonne le début des soldes d’hiver, cette course effrénée aux bonnes affaires qui viendront surcharger encore plus nos armoires. Mais derrière les prix cassés se cache une nature entachée. Alors, inutile de vous dire que les soldes se feront sans moi. L’océan, comme mon portefeuille d’ailleurs, s’en portera bien mieux (surtout que mon stage chez Blutopia n’est pas rémunéré 😂) !

Le problème : les soldes et la fast fashion

Depuis leur apparition à Paris au 19ème siècle, les soldes sont devenues une vraie tradition. 2 fois par an (si ce n’est plus), ces périodes de promotions tentent d’écouler les stocks pour l’arrivée des prochaines collections. Enfin, ça, c’était l’idée de base. Aujourd’hui, les soldes sont une invitation très claire à la surconsommation. La fast fashion, qui signifie littéralement “mode éphémère”, porte bien son nom : les vêtements ne sont plus faits pour durer mais pour être consommés et changés régulièrement. A chaque étape de leur périple entre le champ et notre dressing, les vêtements polluent l’océan, ce qui fait de l’industrie textile l’une des plus polluantes au monde.

🌾 1ère étape : la production des matières premières

Les matières synthétiques comme le nylon, l’acrylique, le polyamide, l’élasthanne ou encore le polyester, ne sont pas fantastiques pour la planète. Elles sont issues du pétrole et leur impact sur l’océan est dévastateur. Un chiffre : 500 000 tonnes de microplastiques peuvent être relachées dans l’océan lors du lavage des vêtements. C’est l’équivalent de 50 milliards de bouteilles en plastique.

Et le coton ? C’est la principale source de pesticides au monde et l’un des plus gros consommateurs d’eau. La fabrication d’un simple t-shirt nécessite l’équivalent de 70 douches !

👚 2ème étape : la fabrication

Pour créer ce chemisier rose pastel très tendance au printemps, il en a fallu des substances chimiques. Non seulement les teintures sont toxiques pour nous, mais aussi pour les écosystèmes marins dans lesquels elles sont rejetées. Selon l’ADEME, la teinture et le traitement du textile causeraient ainsi 20% de la pollution des eaux.

🚢 3ème étape : le transport 

Un chiffre suffit : 65 000 km. C’est la distance que peut parcourir un jean avant d’atterrir dans notre garde-robe. Mais contrairement aux idées reçues, le transport ne représente qu’un faible pourcentage de l’empreinte globale d’un vêtement. En fait, tout se joue au niveau de la production et du lavage. Au-delà des kilomètres parcourus, on assiste souvent à un désastre social, même s’il est possible de produire un vêtement à l’autre bout du monde qui soit autant respectueux des humains que de la planète.

Pour conclure, il est important de dire que le véritable problème de l’industrie textile, ce sont les volumes. La mode produit trop de vêtements parce qu’on consomme trop de vêtements. Peu importe qu’on achète chez H&M, Les jupons de Louison ou Hopaal, un vêtement pollue. Il faut consommer beaucoup moins. Et si l’on doit vraiment acheter, faisons-le du mieux possible.

La solution : 4 alternatives à la fast fashion

Une de mes résolutions de 2020 était de ne plus donner mon argent à cette industrie polluante. Bilan ? À part 1 ou 2 écarts durant l’année (personne n’est parfait), j’ai réussi à changer drastiquement ma consommation. Vous vous demandez comment j’ai fait ? Je vous présente mes 4 alternatives préférées à la fast fashion. 

👜 La seconde main

En toute objectivité, c’est la meilleure solution (si ce sont des achats réfléchis) et aussi la moins coûteuse. Contrairement aux soldes, les prix minis, c’est toute l’année. Autre avantage : vous êtes sûr·e·s de ne pas arborer le même pull que vos collègues ou vos ami·e·s qui, comme vous, auraient craqué face aux -50%. 

🌱 Des fibres naturelles 

Si vous préférez acheter un vêtement neuf sans détraquer l’océan, de plus en plus de marques délaissent les matières synthétiques et le coton conventionnel pour privilégier des fibres naturelles responsables telles que le chanvre, le lin ou le coton bio.

♻️ Des fibres recyclées

Au lieu de produire de nouvelles fibres, d’autres marques privilégient le recyclage. Dans une newsletter précédente, Malaury a abordé le sujet de ces vêtements recyclés et des matières utilisées comme le coton, le polyester et la laine mérinos. Il est important d’ajouter que le mélange de matières rend le recyclage d’un vêtement particulièrement difficile, en plus de limiter sa durée de vie. Mieux vaut donc privilégier le mono-matière.

🔄 L’upcycling

Upcy… quoi ? L’upcycling (ou surcyclage) désigne le fait de récupérer des produits déjà existants pour les transformer en habits de qualité supérieure. À la différence du recyclage, l’upcycling ne détruit pas la matière pour en recréer une nouvelle, mais la transforme directement.

Notre sélection* : s’habiller sans dégommer la planète

En 2021, on a de la chance : bien s’habiller sans dégommer la planète, c’est possible. Et les alternatives ne manquent pas. Bon, parce que Malaury et Julien tiennent à ce que la newsletter soit courte, je ne peux pas toutes vous les présenter une à une alors je vous ai fait une belle liste. Je suis sûre que vous y trouverez votre bonheur.

Pour nous les femmes :

Pour vous les hommes :

Pour les enfants :

  Pour tout le monde :

Pour aller plus loin : les dessous de la mode

🎙 Podcasts

Arte Radio – Fast fashion ou coton bio, peut-on s’habiller sans polluer ?

Si vous voulez connaître les raisons de ce besoin insatiable de nouveaux vêtements malgré une conscience de l’impact environnemental de l’industrie textile, ce podcast vous explique tout. Delphine Saltel explore sa penderie, notre cerveau et les alternatives existantes.

Nouveau modèle – Romy Hentinger, le plastique & les océans

Romy Hentiger, responsable projet plaidoyer et coopération internationale à la fondation Tara Océan, nous explique ce que sont les microplastiques et ses dangers pour la santé de l’océan et celle des humains. Spoiler alert : 95% du plastique dans l’océan provient des microplastiques, dont certains sont directement issus de l’industrie textile

👩‍💻 Blog : La mode à l’envers 

Ce blog tenu par la marque Loom est une mine d’informations. Il explique notamment certains choix de la marque concernant ses produits et ses actions, comme les raisons qui les ont poussé·e·s à ne plus faire de soldes

Vous avez une question ou une suggestion ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

* Vous pouvez nous faire confiance, notre sélection est 100% indépendante.

Léandre Bouffard

Léandre Bouffard

Rédactrice chez Blutopia

2 Comments

  • Avatar Martina dit :

    Le pire, c’est que les habits « soldés »… Ont vu leur prix augmenter AVANT d’être soldés ! On achète donc des habits à leur prix de base (ou pas loin), mais on pense quand même faire une bonne affaire!
    C’est qu’ils sont forts en marketing quand même…

    • Malaury Morin Malaury Morin dit :

      Bonjour Martina,

      Oui, c’est une aberration !

      C’est d’ailleurs une des dark patterns que décrit très bien Julia, la co-fondatrice de Loom : « Nous sommes alors victimes du biais d’ancrage : notre cerveau considère le prix de référence comme un point d’ancrage et lui attribue une importance disproportionnée. Peu importe si le prix barré est fiable, nous sommes complètement influencés. »

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