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Depuis sa création en 2018, Blutopia agit principalement en ligne. Pour nous, internet était l’outil parfait pour mobiliser un grand nombre de personnes rapidement autour de la protection de l’océan. Et pour être honnête avec vous, on n’avait pas vraiment pensé à l’impact écologique que pourrait avoir notre présence en ligne. Pourtant, depuis plusieurs mois, c’est un sujet qui nous questionne beaucoup. Cette semaine, on a même sauté le pas et on a transféré notre site vers Infomaniak, un hébergeur plus responsable basé en Suisse. C’est l’occasion parfaite pour vous parler de l’impact du numérique sur l’océan.

Le problème : le numérique

Une minute sur Internet, c’est :

  • 69 000 heures de films et de séries regardées sur Netflix
  • 4 146 600 vidéos consommées sur YouTube
  • 527 760 photos postées sur Snapchat
  • 3 607 080 recherches Google
  • 456 000 tweets
  • 46 740 photos postées sur Instagram
  • 103 millions de spams…

Et tout ça n’est pas que virtuel. Le numérique a aussi un impact dans la vie réelle. À l’échelle mondiale, nos usages connectés représenteraient déjà 2 fois l’empreinte écologique de la France selon Frédéric Bordage, expert du numérique responsable et fondateur de GreenIT.fr.

Cette empreinte écologique concerne l’ensemble du cycle de vie de nos appareils numériques, mais la grande majorité des impacts se concentrent au moment de leur fabrication et de leur fin de vie. À elle seule, la fabrication d’un ordinateur nécessite 240 kg de combustibles fossiles, 22 kg de produits chimiques, et 1,5 tonnes d’eau. L’obsolescence programmée de la plupart de nos appareils nous poussent à en changer plus souvent. Le problème, c’est qu’on utilise encore plus de ressources. Et arrivés en fin de vie, nos appareils ne sont quasiment jamais recyclés. Ils sont envoyés dans des pays poubelle comme le Ghana où ils s’accumulent dans des décharges à ciel ouvert.

Entre la fabrication et la fin de vie, il y a la phase d’usage. Internet fonctionne grâce à des centres de données qui stockent et traitent un nombre incalculable de données. Pour fonctionner, ces centres de données ont besoin d’énormément d’énergie et d’un système de ventilation et de refroidissement puissant. Concrètement, plus on utilise internet, plus on consomme de l’électricité et plus on émet de gaz à effet de serre. Le numérique serait à l’origine de 5,5% de la consommation d’électricité et près de 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Et si vous suivez Blutopia depuis un certain temps, vous savez déjà que les gaz à effet de serre ont un impact direct sur l’acidification de l’océan

Et puis, il ne faut pas oublier que l’internet sans fil n’existe pas. Pour pouvoir être relié·e·s au réseau, il faut beaucoup de fils. Aujourd’hui, tous les continents sont ainsi reliés entre eux par des câbles sous-marins. Le tout, sur plus d’un million de kilomètres. La plupart de ces câbles appartiennent aux géants du numérique comme Google, Amazon, Facebook ou encore Microsoft. La carte interactive des câbles sous-marins réalisée par Telegeography est fascinante. Sans tous ces câbles, il serait impossible d’avoir accès à internet. Leur impact sur l’écosystème marin est encore peu connu. Mais en tout cas, considérer l’océan comme un instrument marchand sans aucune valeur intrinsèque n’est pas vraiment bon signe.

La solution : 8 gestes vers la sobriété numérique

Vous vous en doutez, la consommation d’énergie du numérique est aujourd’hui en hausse. +9% par an. Heureusement, il est possible de la réduire et la ramener à +1,5% par an en adoptant la sobriété numérique comme principe d’action. Selon The Shift Project, il s’agit d’acheter les équipements les moins puissants possibles, les changer le moins souvent possible, et réduire les usages énergivores superflus. Aujourd’hui, je vous partage 8 gestes simples à adopter pour s’en rapprocher.

#1 Garder ses appareils le plus longtemps possible 
C’est sans aucun doute le geste le plus efficace pour diminuer l’impact du numérique. Selon l’ADEME, passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan écologique. Justement, mon iPhone a 4 ans et il est toujours en parfait état !

#2 Acheter reconditionné ou louer
Si l’un de vos appareils ne fonctionne plus et ne peut pas être réparé, vous pouvez le confier à Hello Zack qui s’occupera de le revendre au meilleur prix pour éviter qu’il ne termine dans une décharge. Pour le remplacer, préférez le reconditionné au neuf. Ça permet d’augmenter la durée de vie des équipements et limiter la consommation d’énergie et de matières premières, mais aussi la production de déchets. Sinon, avec Commown, vous pouvez aussi louer des objets high-tech éco-conçus, réparables et recyclables.

#3 Limiter les vidéos en streaming
La vidéo en ligne représente plus de 60% du trafic internet mondial. Pourtant, regarder une vidéo en ligne en haute définition pendant 10 minutes sur un smartphone revient à utiliser à pleine puissance un four électrique de 2 000 watts pendant 5 minutes. Alors, si vous comptez regarder un film plusieurs fois, mieux vaut le télécharger. Et si vous écoutez de la musique sans regarder les clips, évitez d’aller sur YouTube et préférez plutôt Spotify ou Deezer.

#4 Regarder les vidéos en basse définition
Choisir une résolution adaptée à son écran et regarder les vidéos en basse définition permettrait de réduire de 4 à 10 fois sa consommation d’énergie. Je vous conseille 720p sur mobile et 1080p sur ordinateur. Ça ne gâche pas l’expérience, mais ça réduit considérablement l’impact !

#5 Trier ses mails
126 813 600 000 litres de CO2 sont émis toutes les heures à cause des mails. Lorsque vous finissez de lire la newsletter Blutopia (et les autres que vous recevez, évidemment), n’oubliez pas de la supprimer. Pas de panique, vous pourrez toujours la retrouver sur notre site internet. Si vous n’avez pas beaucoup de temps, il existe même des outils comme Cleanfox qui s’occupent de nettoyer votre boite mail pour vous.

#6 Limiter les pièces jointes et les personnes en copie dans ses mails
Ajouter une pièce jointe ou une personne en copie, c’est ajouter de la donnée à traiter. L’idéal serait donc de n’envoyer que ce qui est vraiment nécessaire aux personnes qui en ont vraiment besoin.

#7 Faire des recherches précises 
L’impact d’une recherche sur internet dépend du temps de recherche et du nombre de pages consultées. Il est donc préférable de faire des recherches précises. En plus, ça vous fera gagner du temps ! Et si vous savez exactement où vous allez, n’hésitez pas à taper l’adresse du site directement dans la barre de recherche pour diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre émises par votre recherche.

#8 Faire une détox digitale
Au final, a-t-on vraiment besoin d’être derrière nos écrans toute la journée du lundi au dimanche ? Chez Blutopia, on a décidé de supprimer Instagram pendant une semaine et ça fait du bien ! Pour la suite, on a pris la décision de ne plus utiliser les réseaux sociaux pendant nos jours de repos pour se recentrer et se reconnecter à la vraie vie. Vous seriez prêt·e à faire ça aussi ?

Notre sélection* : pour aller plus loin

Un podcast

Je vous conseille vivement l’épisode du podcast Basilic avec Maxime Efoui Hess, membre du think tank The Shift Project, sur l’insoutenable usage de la vidéo en ligne. The Shift Project vise à éclairer et influencer le débat sur la transition carbone. Leur ambition est d’apporter une synthèse des travaux scientifiques faits dans tous les domaines de l’économie et de proposer des solutions pour se diriger vers une économie low carbone. Maxime a contribué à la rédaction d’un rapport consacré au numérique, publié il y a un an.

Une web-série

Et oui, personne n’est parfait·e. Les vidéos, lorsqu’elles sont bien utilisées, restent un excellent moyen de sensibiliser aux enjeux écologiques. Si vous voulez en savoir plus sur l’impact du numérique, n’hésitez pas à regarder la série de vidéos « Green Web » produites par Professeur Feuillage.

* Vous pouvez nous faire confiancenotre sélection est 100% indépendante.

Chez Blutopia, on réfléchit à de nouvelles manières de réduire notre empreinte numérique. Vous avez des suggestions ? Dites-le nous en commentaire.

Malaury

Malaury

Co-fondatrice de Blutopia

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