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Aujourd’hui, je vous parle des masques. C’est un sujet qui m’a été suggéré par Marie, fidèle lectrice de la newsletter, et qui n’a jamais été autant d’actualité. 

Le problème : les masques jetables

Le Haut Conseil de la santé publique a déclaré que le masque est « efficace pour réduire la propagation du virus par les sécrétions respiratoires ». Depuis la fin du confinement, il a était rendu obligatoire dans les lieux publics clos et même dans de nombreux centres-villes. Résultat ? Les masques jetables s’accumulent dans les poubelles et les rues, mais aussi sur les plages… et dans l’océan. Selon Ouest France, chaque jour, c’est une surface de 3 000 km² que l’on pourrait recouvrir de masques jetables, rien qu’en France

Il semblerait que beaucoup de personnes pensent encore que les masques chirurgicaux sont biodégradables parce qu’ils ressemblent à du papier. En réalité, ils sont conçus avec du polypropylène, un type de plastique. A cela s’ajoute un autre type de plastique avec les élastiques en polyester. Ils ne sont donc pas recyclables, et encore moins biodégradables. Au fil du temps, les masques chirurgicaux vont même se décomposer en microparticules de plastiques qui sont particulièrement dangereuses pour la biodiversité.

En fait, j’ai l’impression que le masque est représentatif d’un phénomène qui s’est révélé depuis le début de la crise sanitaire : la folie de l’usage unique. C’est très certainement dû à une peur presque irrationnelle d’être infecté·e. Pourtant, selon une étude publiée dans le New England Journal of Medecinele virus tient plus longtemps sur du plastique (2 à 3 jours) que sur les autres matières (12 heures sur du tissu ou 24 heures sur du carton). Selon Julien Wosnitza, fondateur de l’association Wings of the Ocean, « le coronavirus n’a pas inventé le déchet plastique, il a seulement accrédité le problème ».

La solution : les masques réutilisables

La solution de cette semaine est simple : utiliser des masques réutilisables en tissu plutôt que des masques jetables. S’il n’y a pas encore eu d’analyse scientifique des cycles de vie pour les comparer aux masques jetables, on peut quand même faire le parallèle avec les sacs. La UK Environment Agency a montré que, comparés au papier et au coton, les sacs en plastique sont ceux qui utilisent le moins d’eau et le moins d’énergie. Pour compenser la différence, il faudrait utiliser un sac en papier au moins 3 fois, et un sac en coton au moins 131 fois. Mais il ne faut pas oublier que le plastique ne disparaît jamais, alors que le papier se composte et que le coton se décompose.

D’ailleurs, la dégradation du coton et des autres matières naturelles dépend de leurs traitements. Si le tissu est traité, il se dégradera plus lentement dans la nature. Je vous conseille donc de privilégier, autant que possible des tissus non traités et certifiés, comme le coton GOTS, ou mieux encore, des tissus récupérés pour contrebalancer l’impact de la production. Et pour aller plus loin, tentez de choisir des masques réutilisables fabriqués localement. Vous pouvez même les fabriquer vous-même : il n’y aura pas plus local ! Ce sera bien mieux que les masques chirurgicaux, pour la plupart made in China. Une fois vos masques choisis, il ne vous reste plus qu’à les réutiliser le plus possible.

Mais vous vous en doutez, tous les masques ne se valent pas. C’est d’ailleurs ce que démontre une étude américaine publiée le 7 août par la revue Sciences Advances qui a comparé l’efficacité de 14 types de masques. Les masques de type FFP2 filtrent près de 100% des gouttelettes émises par la parole et les masques chirurgicaux plus de 90%, tandis que ceux en tissu en bloquent entre 70% et 90%. Les masques FFP2 et chirurgicaux sont donc à laisser aux soignant·e·s et autres personnes qui exercent des métiers à risque, et les masques en tissu à privilégier pour se déplacer en ville ou faire ses courses.

Des remarques, des suggestions pour les prochains sujets ? Répondez-nous en commentaire.

Malaury

Malaury

Co-fondatrice de Blutopia

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