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Non, je ne vous ai pas oublié·e·s. Pour tout vous dire, ça fait maintenant plus de 3 ans que Blutopia existe, et plus de 3 ans que l’on n’avait pas pris de vacances. Alors, début juin, on a décidé que c’était le moment. Après une petite pause loin des écrans, je suis de retour en pleine forme pour vous parler de l’impact des monnaies virtuelles sur l’océan.

Fin mai, Elon Musk a annoncé qu’il se détournait du bitcoin. En cause ? La pollution engendrée par cette cryptomonnaie. Après avoir acheté pour 1,5 milliard de dollars de bitcoin, le fondateur de Tesla a finalement décidé qu’il ne l’accepterait plus pour l’achat de ses modèles. Résultat ? La valeur du bitcoin a chuté, et le volume des transactions aussi. Une mauvaise nouvelle pour celles et ceux qui ont misé sur le bitcoin, mais une bonne nouvelle pour la planète.

Le problème : le minage des cryptomonnaies

Avant de vous en dire plus, reprenons les bases. Et pour ça, quoi de mieux que Wikipédia ? Selon l’encyclopédie libre, « une cryptomonnaie est une monnaie émise de pair à pair, sans nécessité de banque centrale, utilisable au moyen d’un réseau informatique décentralisé. »

Au 9 mai 2021, CoinMarketCap recensait 5 023 cryptomonnaies, pour une valeur totale de 2 031 milliards d’euros. La plus répandue ? Le bitcoin. Même si moins de 1 % de l’humanité détient des portefeuilles de bitcoin, son impact écologique fait débat.

La consommation d’énergie

Pour obtenir de nouveaux bitcoins, il faut miner. Autrement dit, il faut vérifier et sécuriser des transactions grâce à des ordinateurs ultra puissants. Les mineurs qui s’en occupent collectent les bitcoins nouvellement créés en échange d’un très grand nombre d’opérations. Et plus le temps passe, plus le nombre d’opérations à réaliser pour obtenir le même nombre de bitcoins augmente. Ça pousse forcément les mineurs à se professionnaliser et à investir dans du nouveau matériel pour industrialiser leurs activités.

Sur un an, le réseau qui soutient le bitcoin consommerait désormais environ 120 térawatts-heure, soit 10 fois plus que Google et autant que la Norvège. Vous vous en doutez, ces chiffres ne sont que des estimations puisqu’on ne sait pas exactement quel matériel utilisent les mineurs, ni s’ils consomment de l’énergie pour refroidir leurs installations. En tout cas, une chose est sûre : la majorité de l’énergie utilisée est d’origine fossile, souvent issue de centrales électriques chinoises alimentées au charbon.

Vous voyez le lien avec l’océan ? Consommation d’énergie d’origine fossile → émissions de gaz à effet de serre → acidification de l’océan → menace pour la biodiversité.

Ce qui vaut pour le bitcoin vaut pour la plupart des autres cryptomonnaies disponibles sur le marché, mais aussi pour les jetons non fongibles aka NFT. Ce sont des objets virtuels uniques, impossibles à copier ou à falsifier, et reliés à un·e propriétaire. Concrètement, il peut s’agir d’un jeu de cartes virtuelles à collectionner ou d’une oeuvre d’art numérique.

Pour attester leur authenticité, les NFT reposent sur le principe de la blockchain, comme les cryptomonnaies. Là aussi, chacune des transactions est vérifiée à l’aide d’ordinateurs ultra puissants, de quoi alourdir le bilan écologique. Selon le spécialiste Alex de Vries, la consommation d’électricité liée à Ethereum, plateforme la plus utilisée pour les NFT, atteint déjà 37,5 terrawatts-heure par an, soit davantage que la Bulgarie.

Les déchets électroniques

Et il n’y a pas que la consommation d’énergie qui pose problème avec les cryptomonnaies. Le minage génère aussi d’importantes quantités de déchets électroniques, le matériel devenant rapidement obsolète.

Sur un an, le réseau qui soutient le bitcoin consommerait environ 120 térawatts-heure, soit 10 fois plus que Google et autant que la Norvège.

Cambridge Bitcoin Electricity Consumption Index

La solution de la semaine : les monnaies locales

Plutôt que d’investir dans des monnaies virtuelles énergivores, pourquoi ne pas opter pour des monnaies locales qui financeront l’économie réelle ? Près de 40 000 particulier·e·s en utilisent, chez 10 000 entreprises ou associations, et dans 13 000 communes. Au total, c’est l’équivalent de 5 millions d’euros qui sont déjà en circulation.

Les monnaies locales sont des monnaies complémentaires adossées à la monnaie officielle, utilisées entre entreprises ou entre particulier·e·s et entreprises sur un territoire restreint. Elles sont mises en place par des associations qui en assurent la gestion avec l’aide d’un établissement financier, et sont reconnues légalement depuis juillet 2014 dans l’article 16 de la loi Hamon portant sur l’économie sociale et solidaire.

Contrairement aux cryptomonnaies, il n’est pas possible de les utiliser pour épargner ou spéculer, mais elles ont bien d’autres avantages. Puisqu’on ne peut les utiliser que pour payer des achats du quotidien dans des commerces choisis, les monnaies locales permettent d’orienter la consommation vers des secteurs à valoriser, et ainsi de soutenir les acteurs les plus responsables.

Alors, ça vous a donné envie ? Pour savoir s’il y a une monnaie locale en circulation près de chez vous, je vous conseille la carte de France créée par ID, l’Info Durable.

Pour aller plus loin : un peu de lecture

👩‍💻 Blog : Digiconomist

Créé par Alex de Vries, le blog Digiconomist explore les conséquences imprévues des tendances digitales, en particulier des cryptomonnaies comme le bitcoin et l’ether. Une référence sur le sujet.

🧐 Rapport : « Monnaies locales : monnaies d’intérêt général » par le Mouvement Sol

Après une enquête de 5 mois auprès de 565 professionnel·le·s et 1 600 particulier·e·s issu·e·s de plus de 50 monnaies locales, le Mouvement Sol a publié une étude sur l’utilité des monnaies locales. Elles permettraient d’ouvrir un nouvel espace de citoyenneté, de développer les solidarités, de soutenir la transition écologique, de dynamiser l’économie locale et de renforcer les dynamiques territoriales. Rien que ça.

🗞 Article : « Votre argent peut sauver l’océan » par Blutopia

Il y a une source de pollution invisible que l’on oublie trop souvent : notre argent. Les banques pèsent 400 000 milliards de dollars dans le monde et leurs investissements accélèrent le dérèglement climatique. Je vous dis pourquoi et comment l’éviter dans cet article.

Des questions, des suggestions ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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