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Dans le monde, la superficie des plantations de coton a atteint 35 millions d’hectares et l’industrie du coton pèse près de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Certes, le coton cultivé l’est principalement à destination de nos vêtements, mais il sert aussi à produire les cotons démaquillants jetables qui envahissent les rayons des supermarchés. Et si j’en fais le sujet de cette newsletter, c’est parce que ce n’est pas sans impact sur la faune et la flore de l’océan.

Le problème : les cotons jetables

Que ce soit pour en faire des vêtements, ou des cotons démaquillants jetables, la production de coton a toujours des conséquences désastreuses sur la planète bleue. Accrochez-vous, c’est coton.

💦 L’eau

La culture du coton se fait dans des zones humides et ensoleillées. Pour que la récolte soit fructueuse, l’irrigation est presque incontournable. Les chiffres varient d’une région à l’autre, d’une saison à l’autre et, évidemment, d’un rapport à l’autre. Globalement, 1 kg de coton nécessiterait entre 7 000 et 29 000 litres d’eau. C’est l’équivalent de 145 baignoires pleines à ras bord.

Vous avez sans doute entendu parler de l’assèchement de la mer d’Aral ? Ce lac d’Asie centrale partagé entre l’Ouzbékistan et le Kazakhstan a laissé place au désert d’Aral à cause de l’utilisation massive de l’eau de ses affluents pour irriguer les champs de coton.

🧪 Les produits chimiques

Pesticides, insecticides, herbicides… Tous ces produits en -cides destinés à tuer la nature sont largement utilisés pour faire pousser le coton. Les chiffres donnent le vertige. Selon l’OMS, la culture du coton occupe 3% des surfaces cultivées mondiales, mais consomme 25% des insecticides et 10% des herbicides. En 2016, 64% du coton cultivé dans le monde était génétiquement modifié. Et pour rendre le coton plus blanc que blanc, on utilise même du chlore.

Tout ça entraîne des rejets toxiques dans les sols et les eaux de surface qui déséquilibrent les milieux aquatiques en amplifiant le phénomène d’eutrophisation. Sans rentrer dans les détails scientifiques, il s’agit d’un processus d’accumulation des nutriments dans un écosystème donné, menant à la prolifération d’algues et de bactéries qui vont jusqu’à asphyxier l’écosystème tout entier et créer ces fameuses zones mortes en plein coeur de l’océan.

🛫 Le transport

Contrairement aux étiquettes de vos vêtements qui indiquent au moins le pays dans lequel la pièce a été fabriquée, vous ne trouverez jamais la provenance de vos cotons jetables sur leur paquet. Transparence : 0. Vous vous en doutez, ça ne vient pas de chez nous mais plutôt de la cotton belt des États-Unis, d’Inde, d’Afrique subsaharienne ou encore du Moyen-Orient. Avant de se retrouver dans les étales, les cotons jetables ont fait un long voyage, probablement en avion ou en porte-conteneurs.

Et je ne vous parle même pas de l’emballage plastique qui n’a que peu de chances d’être recyclé un jour. Bref, tout ça pour utiliser un bout de coton pendant quelques secondes et le jeter à la poubelle sans se poser de question. Clairement, ça n’en vaut pas la peine.

« La superficie des plantations de coton a atteint 35 millions d’hectares et le business du coton pèse près de 37 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année. »

La solution : les disques lavables

En coton bio, en bambou ou faits à partir d’une autre fibre végétale, les disques lavables sont dans toutes les salles de bain zéro déchet. Ils se lavent à la main ou en machine, et se réutilisent pendant des années.

Pour qu’ils restent blancs plus longtemps, vous pouvez les faire tremper dans de l’eau bouillante et du percarbonate de soude toute une nuit. D’ailleurs, cette astuce ne marche pas que pour les disques lavables, mais pour absolument tout votre linge blanc.

Les avantages des disques lavables ? Ils sont bien plus doux que les cotons jetables et vous feront faire des économies sur le long terme. Sans compter qu’en optant pour des disques lavables, vous limitez tous les impacts négatifs qu’ont les cotons jetables sur la planète bleue.

Notre sélection* : en route vers le zéro déchet

ManaMani

ManaMani, c’est la marque qui rend le zéro déchet facile et agréable. Le kit cotons démaquillants lavables a été conçu pour que vous ne changiez pas vos gestes au quotidien. Vous prenez un coton par en dessous, vous l’utilisez et vous le mettez dans son sac de lavage après utilisation. En fait, c’est presque comme si vous le mettiez à la poubelle… sans faire de déchet. Et en plus, ce sont les cotons les plus doux que j’ai testés jusqu’à maintenant.

KUFU

En japonais, KUFU signifie « faire avec les moyens du bord », faire ce qu’on peut à son échelle avec le temps qu’on a et ce que l’on a. Autant dire que le nom de la marque a été bien choisi. KUFU propose des produits upcyclés et réutilisables pour un quotidien zéro déchet. Leurs cotons lavables, vendus seuls ou dans une bourse en tissu upcyclé, possèdent 3 couches pour une vraie sensation de coton démaquillant, avec une face nettoyante et une face velours. Les cotons moches, ceux qui sont parfaitement utilisables, parfaitement fonctionnels, mais qui comportent des petits défauts esthétiques, sont même vendus à prix doux.

Pour aller plus loin : soyons cash

📹 Reportage : Cash Investigation « Coton : l’envers de nos t-shirts »

Je vous entends déjà me rétorquer que ce reportage parle du coton à destination des t-shirts. Certes, mais vous vous doutez bien que c’est le même coton qui est utilisé pour produire vos disques démaquillants jetables. Et comme dans toutes les Cash Investigations, Élise Lucet joue son rôle d’enquêtrice à merveille. Un incontournable sur le sujet.

🎥 Vidéo : Brut « Comment la mer d’Aral a-t-elle disparu ? »

Je vous en parlais dans la rubrique « Le problème ». En 50 ans, la mer d’Aral a perdu 90% de son volume. La cause principale ? Les cultures de coton et de blé qui nécessitent une irrigation massive. Cette vidéo de Brut permet de bien cerner les enjeux en 7 minutes seulement.

Des questions, des suggestions ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

* Vous pouvez nous faire confiance, notre sélection est 100% indépendante.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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