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Le Black Friday. Pour moi, c’est plutôt Friday tout court. En temps normal, je ne suis déjà pas vraiment fan des journées dédiées à l’océan, aux tortues ou aux femmes. Ce n’est pas parce que je n’aime pas l’océan, les tortues ou les femmes, évidemment. Mais je n’ai jamais compris pourquoi on voulait à tout prix dédier un journée à chaque cause écologique ou sociale. Ça devrait compter toute l’année, non ? Alors imaginez le Black Friday… Inutile de vous faire un dessin, une newsletter devrait suffire.

Le problème : Black Friday, Cyber Monday & co.

Né aux Etats-Unis dans les années 1950, le Black Friday est la journée qui lance les achats de Noël au lendemain de Thanksgiving. Le principe ? Faire les plus grosses promos de l’année pour pousser à la consommation. Et comme le Black Friday ne suffisait pas, il a fallu créer Cyber Monday en 2005. C’est le lundi qui suit le Black Friday et consiste à faire encore plus de promos, en ligne cette fois.

En 2019, selon Bercy, le Black Friday avait généré 6 milliards d’euros de dépenses. Et ça ne fait qu’augmenter d’année en année. En 2020, 1 Français·e sur 7 assure vouloir profiter du Black Friday. Évidemment, toutes ces dépenses ne profitent pas aux petites entreprises qui font les choses bien, mais plutôt aux grandes plateformes qui détruisent la planète (et l’emploi).

D’ailleurs, ces opérations sont complètement artificielles. La plupart du temps, on nous fait croire que l’on fait des économies alors que ce n’est pas le cas. Dans une étude de l’UFC Que choisir, il est précisé que « tous rabais confondus, les prix n’ont baissé que de 7,5 % en moyenne, soit très loin des 50, 60 voire 70 % de réduction mis en avant par les marchands. » Et quand les prix baissent réellement de 50, 60 voire 70%, ça nous prouve bien une chose : les marges réalisées en temps normal sont aberrantes.

Le pire dans tout ça, c’est que l’on crée des besoins qui n’en sont pas. Selon le collectif Make Friday Green Again60% des Français·es estiment que le Black Friday est une incitation à acheter des produits dont il·elle·s n’ont pas besoin. Alors que les scientifiques alertent sur la nécessité de limiter le réchauffement à 1,5°C avant 2030, il est crucial de rétablir des bases d’une consommation plus saine.

La solution : 5 alternatives au Black Friday

Cette année, la crise sanitaire a poussé le gouvernement à reporter le Black Friday. Selon la Ministre de la Transition Écologique, Barbara Pompili, c’est « une question de décence » pour que tou·te·s les commerçant·e·s puissent y participer. Initialement prévu hier, le 27 novembre, le Black Friday est finalement reporté à samedi prochain, le 4 décembre. Enfin ça, c’est uniquement en France. À l’étranger, il n’y a pas de changement et les pourcentages de réduction ont déjà atteint des sommets. Et de toute façon, reporter le Black Friday ne va pas changer grand chose. Les conséquences écologiques et sociales seront les mêmes, à une semaine près.

Alors, pour contrer ça, plein de belles initiatives ont vu le jour. Vous les avez vues passer ? Voilà mes 5 préférées : 

🌳 Make Friday Green Again

Cette année, le collectif Make Friday Green Again, à l’initiative de la marque Faguo, a réuni 720 marques. 720 marques qui ne font pas le Black Friday et communiquent pour restaurer une consommation raisonnée et responsable. Comment ? En encourageant chacun·e à trier ses placards, faire le point sur ses besoins et acheter, uniquement s’il y a un réel besoin, raisonnablement et au prix juste. Et surtout, en partageant des chiffres que l’on ne peut pas oublier : 

  • -70%… d’émissions de CO2 lorsque l’on fait le choix d’un vêtement d’occasion plutôt qu’un neuf
  • -100%… d’émissions de CO2 en upcyclant un objet destiné à être incinéré
  • 18 hippopotames, c’est le poids de matières premières qu’il a fallu extraire, exploiter et transporter pour fabriquer les 2 tonnes d’objets que chaque Français·e possède
  • … Et d’autres encore ! 

On ne peut que saluer cette initiative, mais attention : si ces mêmes marques font des soldes exceptionnelles à 50% et plus au mois de janvier, on pourra considérer que ce n’est qu’une opération de communication pour vendre encore plus après. Du greenwashing, quoi. 

🧐 Le site internet de Umai blacklisté

La marque de cosmétiques à impact Umai a fait croire que son site internet avait été blacklisté et mis sans dessus-dessous en raison d’un refus de participer à la journée du Black Friday. Parce que c’est en ayant lu, écouté et regardé de nombreux contenus (comme notre série documentaire L’autre confort) que toute l’équipe a pris conscience du problème et eu envie de changer le monde, il·elle·s ont décidé de transformer leur site internet en une bibliothèque engagée pour s’informer.

🏷 100% transparence sur les prix chez Hopaal

Hopaal a encore frappé un grand coup. Leurs prix sont justes toute l’année, et il·elle·s ont fait le choix de les détailler au centime près dans un article à l’occasion du Black Friday. À lire de toute urgence. Et pour les plus paresseux·ses (ou les cossard·e·s, comme dirait Julien dans sa Bourgogne natale), voilà un résumé. Leurs vêtements sont fabriqués localement et sont exigeants d’un point de vue social et environnemental. Ces choix ont des coûts irréductibles. Près de 50% du prix est directement lié au produit. Environ 40% du prix est directement lié à l’activité de Hopaal, à la création de nouvelles chaînes d’approvisionnement, à la gestion quotidienne du site, à la disponibilité de leur équipe, à la transmission d’informations, au stockage et à la préparation des commandes. Le peu qu’il reste constitue leur marge opérationnelle pour approfondir leur démarche, gérer les imprévus et leur donner de la hauteur. Bref, un pull en laine recyclée fait en France par des personnes bien payées ne peut pas coûter moins de 150€.

🐋 Blue Friday avec 1% For the Planet

En contrepied au Black Friday, 1% For the Planet a lancé le Blue Friday. Le principe ? Montrer la force du collectif pour encourager la philanthropie au service des organisations qui agissent pour protéger la planète. D’ailleurs, cette semaine, Blutopia sera aux couleurs du Blue Friday.

👙 Boobs Friday chez LOLO

LOLO, marque de lingerie sur-mesure en fibres recyclées, a fait un choix qui paraît presque étonnant quand on n’y regarde pas de plus près : participer au Black Friday, mais le renommer Boobs Friday. Concrètement, il s’agit de réductions allant de 20 à 30% sur leurs produits. Bien loin donc des 50, 60 et 70% que l’on voit partout. Vous vous demandez pourquoi ne pas simplement refuser en bloc le Black Friday ? Voilà 3 raisons qui ont poussées Mélissa et Océane, les fondatrices, à lancer le Boobs Friday :

  • Sans promotion, leurs produits sont inaccessibles pour la plupart des Françaises. Le Boobs Friday permet de les rendre plus accessibles dans un souci d’inclusivité pour permettre à toutes les femmes de s’offrir un soutien-gorge à leur taille et de qualité.
  • Plutôt que de dépenser des milliers d’euros dans l’acquisition de nouvelles clientes, elles ont préféré « dépenser » cette somme en promotions auprès de leur communauté existante.
  • L’année Covid a chamboulé leurs projets et fragilisé leur trésorerie. Le Boobs Friday va leur permettre de financer les matières et les prototypes pour travailler sur de nouveaux produits qui devraient sortir en 2021.

Pour aller plus loin : vers le minimalisme

🗣 TEDx : Graham Hill

Graham Hill, fondateur du média TreeHugger, se demande si moins de possessions signifierait plus de bonheur. Spoiler : la réponse est oui. Pour savoir comment, à vous de regarder les 5 minutes de vidéo de son TEDx qui changeront peut-être votre vie.

📽 Documentaire : Minimalisme

C’est le documentaire Netflix qui a démocratisé le minimalisme. Ce mode de vie ne consiste pas seulement à vivre avec moins, mais à reprendre le contrôle de sa vie et décider ce qu’on veut en faire, plutôt que de laisser d’autres décider pour nous. Alors, ça vous tente ?

Vous avez une question ou une suggestion ? J’adore vous lire, alors n’hésitez pas à m’écrire en commentaire.

Malaury Morin

Malaury Morin

Co-fondatrice & Content Manager de Blutopia

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